Nous sommes face à un hyperprésident. Il use de toutes les prérogatives offertes par l’actuelle Constitution, et même au-delà. Il souhaite renforcer et étendre ses pouvoirs. C’est son programme. Que le premier ministre se fasse hara-kiri sous l’oeil médusé de l’Assemblée ne choque d’ailleurs plus personne. On nous avait annoncé un Fillon de Rambouillet, partageant la demeure d’un général parti de là pour entrer dans Paris, la libérer et y prononcer le discours de la Libération le 25 août 1944. Au final, ce fut le lieutenant de Rambouillet, suspendu au perchoir, lisant son tract, le soumettant à l’Assemblée. Quand il sera devenu un fantôme, alors l’entrée de Nicolas Sarkozy au Palais-Bourbon n’étonnera plus personne.
La manière n’est pas en reste. On pourrait être étonné de l’intérêt porté par Nicolas Sarkozy à la « compétence » de toute personnalité venant de la gauche. Pour lui tout socialiste est bon à prendre. Il missionne, consulte, sollicite et surtout soudoie. Avec un seul objectif : diviser, susciter le trouble.
Face à ce « président qui gouverne », père fondateur du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration « choisie », si le sursaut tarde encore, ce sont les idées mêmes de progrès, d’égalité, de liberté, de fraternité qui sont compromises.
« Taxes » sur la santé, remise en cause du droit de grève, peines plancher, paquet fiscal pour les privilégiés sont au menu de cet été. Où est notre offre alternative ? Où sont les gestes pouvant faire espérer aux Français une vie meilleure si la gauche était au pouvoir ? C’est dans cette France qu’ils nous préparent que grandiront les enfants de demain. Des enfants qui, un jour, poseront cette question lourde de sens : où était la gauche au moment du grand basculement ?
Car il s’agit bien d’un grand basculement institutionnel, économique, social, mais aussi idéologique et culturel, vers un ordre nouveau. C’est l’aboutissement d’une révolution néoconservatrice derrière laquelle une bonne partie de la gauche s’est rangée. C’est cela qui explique en grande partie notre défaite.
Il y a quelques jours, à Strasbourg, Nicolas Sarkozy nous a expliqué que son « traité simplifié » permettrait de lutter « contre le dumping fiscal et monétaire ». Alors que les « opting-out » généralisés et l’absence d’évolutions notoires sur la nature des majorités requises dans les domaines social et fiscal éloignent, au moins autant que la constitution européenne, l’horizon de changements possibles. Et voilà qu’en choeur, n’y trouvant rien à redire, des voix socialistes complexées par le « non » font remarquer que « l’Europe s’est remise en marche », qu’il y a « des avancées ». L’histoire bégaie. Sur le front monétaire, aucun débat, aucune manchette, aucun élément de l’ordre du jour de la réunion de ces « nouveaux pères fondateurs autoproclamés » n’est venu effleurer les statuts de la Banque centrale européenne. Un protocole sur la concurrence est transmis à la CIG, le protocole social attendra. Parti à Bruxelles au nom du peuple français, c’est de Strasbourg que Nicolas Sarkozy se sert de Bruxelles pour mentir au peuple français. Nous n’y trouvons rien à redire.
Tant d’intelligences et de compétences individuelles ne sauraient accoucher d’une telle médiocrité collective. Nous empêcher de prendre rendez-vous avec l’histoire. Nul besoin de « s’aimer les uns les autres », la fraternité laïque des camarades suffira pour porter l’« être durable » face à l’« avoir immédiat », la démocratie sociale face au libéralisme autoritaire, et la réconciliation du progrès avec la marche des hommes vers la dignité et les droits.
En définitive, nous sommes face à un défi majeur : nous dépasser nous-mêmes. C’est une question de survie. L’objet de notre refondation. Vivre nous-mêmes nos valeurs avant d’espérer un jour les faire vivre dans une majorité devrait être notre état d’esprit. Au lieu de cela, nous méprisons le présent et insultons quotidiennement l’avenir.
Le premier coup de pioche de la rénovation est à donner dans l’édifice de nos vicissitudes accumulées.
Nous y croyons. Certains, abdiquant devant ce triste théâtre, diront que c’est dans l’air du temps. Mais l’air du temps, comme disait le poète, « c’est l’ambition des feuilles mortes ». Il nous faut donc travailler, nous respecter, nous remettre debout et avancer. Vivre nos valeurs et cesser de les trahir par nos comportements. Car à l’automne… les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
11 commentaires:
Sarkozy est en effet un hyperprésident, comme le qualifie très bien Razzye. Maintenant, il peut y avoir un avantage à cela : il prend d'énormes risques en se mettant constamment en avant. Que se passerait-il s'il commettait une grave erreur ? Serait-il menacé, ou aurait-il le culot et l'hypocrisie de se délester sur Fillon et son gouvernement ? Ce serait un manque d'honnêteté réel, mais manipulateur comme nous le connaissons, ce ne serait pas impossible. En tout cas, il ne faut pas hésiter à dénoncer chacune des réformes dangereuses qu'il est en train de lancer. Certains semblent pourtant être déjà résignés : l'Unef par exemple ne semble pas mesurer la gravité de la réforme des universités, même après modification. D'autres n'hésitent pas à abandonner les idées qui les ont jadis attirées au PS pour assouvir leur soif de pouvoir, sans faire l'effort avec nous de proposer une nouvelle ligne qui permettra de reconstruire le parti.
Bref, les temps sont durs, mais ne nous laissons pas abattre. D'autres sont passés par là avant nous, ils s'en sont sortis. Nous y parviendrons aussi.
La reconstruction de l'Europe, fort bien... Une question, tout à fait innocente a prima lettura: Sur quelles bases? Des accords ont été conclus. Très bien, encore une fois.
Où sont-ils?
Quel texte a été signé?
Il semblerait que Nicolas Sarkozy considère qu'une poignée de main vaut plus qu'une signature à l'encre... Est-ce ainsi qu'il conçoit les affaires européennes, voire les affaires internationales?
Relancer l'Europe, oui, en faisant de l'Europe une Europe protectrice, sociale, au service des citoyens.
Mais comment peut-on se prétendre européen, la main sur le coeur, quand on a tant et tant fustigé l'Europe et notamment Bruxelles? La prochaine présidence française de l'Europe a de quoi inquiéter, camarades, et des talents européens comme Hamon auront leur rôle à jouer comme force de proposition.
Je suis tombé par hasard sur votre blog. J'avais sur le site national du mjs "transformer à gauche". Je me suis dit, qu'est-ce donc encore que ces balivernes ? Comme je suis au jeunes pop à nancy depuis 3 mois maintenant, je me suis posé la question de savoir si cette "chose" vivait en meurthe et moselle. Et ça existe même en double, meme si l'un des 2 blogs ne semblent pas fonctionner (sans doute un blog d'essai, effacez le s'il ne vous sert plus).
Au niveau du fond, que d'idioties ! Maxime, toi que je connais de nom parce que tout le monde parle de toi, je te signale que c'est à case des gens que tu as rejoins qu'aujourd'hui la construction européenne est bloquée. Aujourd'hui, l'Europe a besoin de plus d'unité, et on ne va pas attendre que les socialo se décident enfin à bouger pour faire quelquechose de bien. Benoît Hamon ! laisse moi rire, il n'a jamais rien fait pour l'europe. Et Christophe, sache que Nicolas Sarkozy est sans doute l'homme le plus honnête que je connaisse. Jamais il ne trahira les Français. Il est là pour les servir, comme le général de Gaulle l'a fait avant lui, et comme l'ont fait d'autres grands hommes comme Blum et Jaurès.
A bon entendeur...
Cet article est d'une grande lucidité, malheureusement ! Et oui malheureusement car il soulève bien la dérive évidente de notre président N le petit. Président de la république/ premier ministre/ ministre des affaires étrangères/ directeur éditorialiste sur TF1/LCI, de la grande majorité des quotidiens regionaux... j'en passe ! Comme l'a fait remarquer chirstophe plus haut, les temps sont durs. On ne peut que s'alarmer de la tournure quasi monarchiste de notre république, nous avons tous en mémoire les mots de P.Devedjian sur LCI, c'est inadmissible !
Mais cela ne choque personne, N le petit est hyper-actif, omniprésent... mais cela ne suffit pas pour être efficace, ce n'est que du vent!
Le travail qui nous attend est immense, mais il en vaut la peine, nous nous devons d'être présent sur tous les terrains, expliquons, denonçons mais surtout innovons et enfin Renovons !
Ah, cher Gégé, je suis si heureux de savoir que les Jeunes Pop parlent de moi. J'avais peur qu'on s'ennuie chez vous, entre deux diktats de Morano. Bon, allez, je résume ton commentaire:
- Sarkozy est honnête. Très bien, mais si l'honnêteté suffisait à faire avancer les choses, ça se saurait.
- Benoît Hamon n'a rien fait pour l'Europe. Quels arguments avances-tu?
- L'Europe a besoin d'unité. En montant les pays les uns contre les autres, comme sur la question de la Turquie?
- Nous sommes responsables de la panne de l'Europe. Nous seuls? Nous avons justement rejeté une Europe en panne, Gégé, dont les structures ne fonctionnaient pas et devenaient même plus compliquées. Nous avons rejeté une Europe non approfondie. Quelle Europe défends-tu, plutôt que d'asséner des vérités toutes faites?
Bref, si c'est le niveau d'argumentation qu'on n'atteint chez les Jumps en trois mois, nous n'avons pas beaucoup de souci à nous faire pour les prochaines échéances.
Gégé, au delà du fait que je ne pense pas que Sarkozy puisse un seul instant tenir la comparaison par rapport à Jaurès et Blum, je me demande si vous êtes à ce point en manque d'hmmes ou de femmes de droite honnêtes pour être contraint de citer jaurès et blum comme modèles? bon c'est vrai que ça aurait été un peu déplacé de citer chirac et de villepin, mais bon, il faut aussi assumer ces "grands" hommes de droite!
Mais Messieurs Chirac et de Villepin ont fait un excellent travail, notamment en matière de relations internationales. Oui, très chère doro, je sais ce que tu vas dire : "et l'affaire Clearstream" ! Ben oui, mais il y a encore la présemption d'innocence dans ce pays.
Blum ? Jaurès ? Oui nous pouvons nous en réclamer. Par contre, comment vous osez-vous dire que vous en êtes les héritiers ? Si j'étais vous, je serai un brin gêné. Ces Hommes qui ont défendu de si grande valeurs que votre parti a détruit petit à petit...
Ah gégé, je suis très heureux d'apprendre que tu as des affinités avec N le petit.
Vous n'avez de cesse de comparer Sarkozy avec de grands hommes de gauche, c'est étrange Blum portait les idées suivantes:
"Du pain, la paix, le désarmement des ligues factieuses" et non "travailler plus pour gagner plus, ministère de l'immigration et de l'identité nationale, le prédéterminisme génétique, les africains ne veulent pas s'intégrer, les émeutes sont la faute des barbus" on continu ?
Et juste une question, faire passer un traité simplifié devant l'assemblé et non devant le peuple n'est ce pas une trahison ?
Et c'est raparti pour un tour..Notre petit président vient d'annoncer la mise en place de nouvelles franchises en matières de santé... Cette franchise sera de 0,5 euro par boîte de médicaments, 0,5 euro pour tous les actes paramédicaux et de deux euros sur tous les transports sanitaires.
Cette franchise sera annuellement plafonnée à 50 euros par assuré social.
En seront dispensés les familles aux revenus les plus modestes, les enfants et les femmes enceintes. (trop gentil de sa part)..
Et les jeunes dans tout ça...Quand on se réfère à l'enquête menée par la LMDE ( selon cette enquête, 72 % des étudiants disposent d’une couverture complémentaire contre 83,9 % en 2000, près d’un quart ont renoncé à des soins dentaires ou ophtalmologiques au cours de l’année pour raisons financières) on ne peut que s'interroger sur les dangers de telles mesures...
Donner aux jeunes la possibilité de s’insérer dans la société ne serait donc qu'un vain rêve? Les jeunes sont aujourd’hui les premières victimes de la précarité tant en matière d'emploi, de logement et de santé.
Il serait bon, par exemple de permettre aux étudiants de pouvoir payer leur cotisation de sécurité sociale tout au long de leur année universitaire, les dépenses étant nombreuses à la rentrée, notamment pour les nouveaux étudiants. De même, que le gouvernement attribue plus de moyens aux Services de Médecine Préventive Universitaire et de Promotion à la Santé (SUMPPS), qui assurent l'essentiel des actions de prévention, à la fois humains et financiers..
Quelques pistes, mais un commentaire ne suffit pas pour faire état de la santé des étudiants...Vos préconisations sont les bienvenues...
à lire: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-940890@51-915550,0.html
Mince pas possible de mettre le lien..Il s'agit d'un article du Monde en ligne datant de queleques minutes..Une interview du fils de Khadafi qui évoque les dessous de l'accord franco-lybien..Avec une révélation :
extrait: "Au titre de dirigeant de la Fondation Kadhafi qui a négocié les dédommagements aux familles d'enfants libyens malades du sida, Saïf Al-Islam veut en effet déclarer formellement qu'"aucun argent libyen" n'a été versé à ces familles.
D'où viennent donc les plus de 400 millions de dollars? "Ce que je peux dire, c'est que les Français ont arrangé le coup. Les Français ont trouvé l'argent pour les familles. Mais je ne sais pas où ils l'ont trouvé". Par le Qatar? "Nous n'avons pas posé de questions. Nous ne voulons pas embarrasser nos amis." Pour Saïf Al-Islam, qui dit avec une grande tranquillité qu'il n'a pas cru en la culpabilité des infirmières bulgares ("elles ont malheureusement servi de boucs émissaires")"
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